04 novembre 2010

Les étapes de l'itinérance appliquée au voyageur au long cours

Avant d’arriver dans un lieu inconnu : les lectures, les conversations et l’imagination bâtissent tout un monde, à la fois flou et très vaste ; la pensée se gonfle de visions ; des projets, nombreux et variés, s’échafaudent. L’impatience et l’envie d’atteindre vont grandissantes.

En arrivant : les yeux cherchent avidement les images que le cerveau avait construites, en découvrent d’autres. La stimulation est à son comble, renforcée par la simple jouissance d’être arrivé.

Le premier jour : souvent un phénomène de déception s’installe ; on avait tout imaginé plus grand, plus riche. L’échelle des possibles semble se réduire comme une peau de chagrin.

Les jours suivants : des détails, des évènements, quelquefois infimes, viennent donner du relief et des perspectives à ce qui, hier encore, paraissait plat et limité. Les ambiances, les atmosphères, les gens rencontrés se mettent à prendre le pas sur les lieux et les décors. On engage un processus d'installation éphémère ; on s'aménage une base-vie à partir de laquelle le corps et l'esprit entrent dans une valse, tantôt fébrile, tantôt ralentie, de captures et d'abandons.

Posté par sabbacath29 à 17:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Les étapes de l'itinérance appliquée au voyageur au long cours

    D'autres etapes?

    Tres joli Catherine, et qui plus est, son tres vrai, au moins pour moi. Je suis tenter de dire qu'il existe au moins deux etapes supplementaire:
    - le moment de retour, etrangement plus difficile que le depart, est ce sentiment profond mais indicible qu'on a change. Le poete Wallace Stevens le dit bien "...The sea severs not only lands but also selves"
    - et le lieu qui investit notre memoire et qu'on revisite comme le souvenir fuyant d'un reve

    Posté par Jen, 05 novembre 2010 à 16:28
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